When John walks at night

Every day, there are choices waiting to be made. Words unsung, things unseen. Every night, gosts walk John’s mind and threaten his blind oblivion of paths untaken.  

John used to walk at night, John used to think and wonder. What if he decided to fill the holes and stop the wind knocking down his home’s wall? What if he never turned back, what if home never existed?  

What if light truly was? It can’t be.

John has a very white skin, straight raven hair and grey eyes like a sombre day at sea. He was always tall and angular, with arms and legs he could never really seem to control. Often, John wonders, what he’d been named a Jack, would things have been different?

John used to walk and be scared. He was afraid of secrets coveted by his muted heart; he was terrified of his wants and needs which weren’t fulfilled, and soon within his soul, this expanding growth of devouring darkness. John was held back by responsibilities and choices he thought were his own; most of all, the child within him was persuaded that never would he be worth of anything but sadness and deceit. Why would he be loved, why would people believe in him? He never did. His walk went in circles and as many as his decision there may have been, no matter what variations were his own, nor how spent his soles were, John always arrived to where he came from.

What if angels walked the day? On the same path, but never at the same time? How to meet one then?

Back full circle, back to square one. Back to trying to forget hoping for things unknown.

Things can’t change, you know? What’s the point. If humanity was in a ship flying one earth to another, it would be the same stories, the shape of things to come would repeat itself: everything has happened before and will happen again, end of line, jump and start again.

Home resonated of unshead tears, of harsh words that they eventually stopped screaming at each other, after a while. Because, after a while, what was the use, why hope for anything other than what was?

Why walk ? Better yet to stand still. After all, John wasn’t alone. By his side, someone walked the same path of unhappy bitterness and resignation.

It’s just one drink. One glass to drows my thoughts and stop my dreams. Every day and for a while now, John has stopped walking at night. He's stood still, waiting for his life to unravel. After he’d stopped walking, he’d started to watch his life. Eyes wide open and teeth clenched.

One drink used to be enough, then his evenings grew shorter, his life emptier but his glasses fuller. One night after another, a simple walk from the couch to his bed, his mind numb to nightmares that could be, to the difficulties of the every days he refused to face.

Things could have gone from bad to worse, from lies to deceit to a different kind of light.

Tonight, things are different. Tonight, like yesternight and perhaps tomorrow, John is watching cranes. Cranes are grounded, they can never go anywhere. They shape the things to come while remaining immune to the wind of change. Tonight, perhaps, John has met an angel. He doesn’t know, yet, what choices will be his own. “Choice” is a word again, life is exciting and hopeful. He may stand still for a while, or it would seem so because some steps are so small they may seem inexistent. But, he knows. But, for once, his eyes are closed towards the light growing within his soul.

 

This text was written listening to Cults' Walking the Night and Daft Punk's End of Line. After the lovely Crane pictures, you'll find the Lyrics to the Cults' song which inspiredthe character of John. :-)

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When I walk at night I can’t help but I know its right

When I walk alone I’m hoping for things unknown

When I'm on my own I try to get as far from home

When I wanna be, there's no bright light surrounding me

 

When I walk at night I can’t help but I know it’s right

When I walk alone I’m hoping for things unknown

When I clear your side, I'm searching for some surprise

When I'm by your side I can’t forget all our ties

 

When I’m on my own I try to get as far from home

When I wanna be, there's no bright light surrounding me

 

You keep on tryin’ to make believe

That no one knows of your lies and your deceit

There's no use in me tryin’ to be the things

I wanted and that's right for me

There's no point playing hard to get

I figured I'll just sit on your swing

It's easy singing everyday until I walk at night

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Mots

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La dernière fois que Gabrielle avait touché à ce document, c’était un jeudi 13, déjà il faisait doux pour la saison alors qu’octobre l’insolent contredisait les dictons.

Le soleil s’immisçait par la vitre jusqu’à la somnolence, la bourse continuait à chuter dans le stress quasi résigné des salles de marché. Le téléphone avait arrêté de sonner. Gabrielle se souvient qu’elle avait ressortit un petit T-Shirt d’été et qu’elle regrettait presque ses nu-pieds. La France s’accrochait encore à son triple A et elle avait du mal à s’intéresser aux chuchotements feutrés des couloirs en attente d’un meilleur taux, d’un climat économique plus clément, de prévisions d’éclaircies.

Gabrielle, elle, sentait la chaleur du dehors réchauffer ses mains et chatouiller son inspiration.

Gabrielle, elle, rêvait tant d’être ailleurs qu’elle n’avait cure des convenances. Elle était inoccupée, désœuvrée, payée à faire joli derrière un bureau. Elle avait sortit sa clé USB et avait travaillé.

Pour elle.

Son univers s’était ouvert et le reste s’était tu, se transformant en grisaille aussi inconséquente qu’invisible. Sur ses oreilles, du PJ Harvey ou du Chopin, elle ne sait plus, à moins que cela n’ait été du U2 (il y a toujours du U2 dans son iPod et il n’y a jamais assez de rock français car elle n’y connaît rien).

Les lignes étaient là depuis si longtemps, elle ne savait qui de son impatience ou de sa fierté gagnait, impatience d’aligner des mots depuis si longtemps, si lentement et de façon aussi sporadique ; fierté du résultat, une fierté au bord de la nausée, à force lire et relire, de déstructurer pour mieux retricoter elle ne supportait plus sa propre prose, elle rejetait la tristesse qu’elle avait effacé de son âme au fil de l’encre coulée. Derrière ce livre il y en a un autre plus gai, plus percutant. Derrière ce livre des étages de chapitres et des gens qui existent déjà, une histoire pétillante de gammes et d’entrechats.

Mais d’abords, avant, il y a celui-ci.

Gabrielle doit apprendre à finir.

Elle avait bien avancé ce jeudi13 alors que la France était paralysée et que son patron était enfermé dans son bureau. Les mots d’alors lui échappent, mais elle voit encore la longueur des phrases sur l’écran.

Ce furent les dernières. Gabrielle ne sait pas, ne comprend pas, toutes ces années aux carnets rempli

d’une écriture fine et serrée, ces instants incessants où des mots ont structurés des phrases formant des textes et des histoires entières dans sa tête, chaque moment vécu lui fut inscrit sur une portion à vif de son âme et il n’y eu guère que le sommeil et l’orgasme pour lui offrir la paix.

Trois mois plus tard, Gabrielle est chez elle et regarde la date. Trois mois sans écrire (trois mois sans écrire rien qui vaille), quatre-vingt douze jours à fuir le temps et les jours, à suivre le cours de sa vie en fermant les yeux, sans regarder sa montre, à attendre, immobile, que le temps passe. Trois mois à être un fantôme qui marche, jusqu’au réveil, rien n'a changé et pourtant elle s’assoit, se pose, sa fuite s'immobilise et ses doigts s'agitent.

Rien n’a changé, mais pourtant, ce soir, Gabrielle écrit.

 

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Lumière

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Dans les vestiges de l'ombre, une étincelle s'agite. Franck est sur le toit, encore. Assis sur la crête, il observe la ville, une bière entre les doigts. Bientôt, l'aurore donnera naissance au jour, au songe d'un lendemain. En attendant il reste, sur le toit, dans le vent un peu froid qui balaye ses mèches claires. Dans l'entre-deux de promesses non tenues qui lui permettent de continuer, d'attendre, d'espérer.

Derrière lui, il ne sait plus et devant lui n’existe pas encore. Son immobilité ne pourra durer, il faudra décider, avancer, être. Ses yeux noirs scrutent sans savoir que chercher, il est calme, à force d’attendre il a failli oublier. Aujourd’hui il attend que son attente cesse, c’est une redondance dont le manège s’est mis en branle, doucement, de façon presque imperceptible. Ce fut un soupir puis une brise, et peut-être grandira-t-elle en ouragan.

Il n’est pas temps, pas tout de suite. La lumière se lève enfin, un premier rayon s’aventure sur sa peau. Il va redescendre, dormir un peu avant de se perdre dans la routine qui l’a si bien endormi jusque là.

Mais demain peut-être, ou le mois prochain, pas tout de suite mais bientôt, il saura là où la route doit le mener.

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Une terrible beauté est née

Gizèle marche, vite, ses talons claquent la moquette, le lino, ses cheveux s'échappent en vrac. Menue femme décidée, elle franchit des paliers, traverse des couloirs, gravit des escaliers. Contre elle une chemise cartonnée, contre elle des secrets, des armes par des mots. Elle est une traitresse en traitrise de traitres, en l'entreprise la guerre est déclarée. Deux hommes dressés l'un contre l'autre et en quête de pouvoir. Entre eux un titre et les hommes qu'ils manipulent pour gagner.

Gizèle est une employée fidèle, malléable. Envoyée au front elle a séduit Gaston avant de chavirer sous son charme. Sacrifiée pour la cause, elle s'est trouvé une autre voie.

- Trahissons, soyons nos propres maîtres, avait fini par murmurer Gaston, essoufflé par la nuit.

Le corps repu de sensations nouvelles, l'âme en révolte dans une colère naissante, Gizèle avait acquiescé. Les petits soldats bafoués sont plus dangereux que des mots couchés sur du papier. De part et d'autre des secrets furent volés, une entente nouvelle émergea, un troisième pouvoir se dessinait.

Gizèle s'arrête, respire, son reflet la regarde au travers d'une vitre et considère son ambivalence, le vertige d'un désir, l'envie d'autre chose. Elle ne réfléchissait pas, avant, elle avançait bercée par sa routine régulière, un peu tassée, un peu négligée, un peu rien en somme.

Aujourd'hui elle se tient droite, a le regard dur, les hommes la regardent et leur yeux se promènent de courbes en questions et en tout cas s'attardent. Après des années sans penser une idée émerge, s'impose et guide ses pas. C'est l'histoire de quelques couloirs, étages, de barrières à franchir. De regrets à tuer pour devenir celle qu'elle aurait dû être. Gizèle continue à avancer, les chemises cartonnées se regroupent, s'entassent contre sa poitrine et l'écrasent un peu, son décolleté se galbe au fil de ses traitrises, elle connait tous les codes, les siens, ceux de Gaston, elle s'empare du butin, rafle, et ne laisse rien derrière elle.

Trahir, oui, mais seule.


Ce texte fut envoyé au concours de nouvelles de la Biennale de Lyon organisé avec le Télérama. N'ayant pas gagné ce concours, je le mets en ligne ici afin que tous puissent en profiter, un mail m'ayant prévenu que finalement, seuls les 10 nouvelles retenues seraient mises en ligne. Il faut dire que nous fûmes 1600 participants! :)
Le titre imposé : Un ligne d'un poème de Yeats, "une terrible beauté est née"
La contrainte : 2011 signes espaces compris et titre non compris.
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Julie trace des lignes

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La voiture cahote entre la pluie sombre, la nuit est parfois coupée par la lumière orange des quelques lampadaires disséminés dans la campagne. Les arbres allongent leurs ombres et bravent la tourmente en secouant leurs feuilles, tandis que la radio murmure un air de jazz qui se mêle au bruit du moteur.

Sur son rehausseur, Julie trace des traits en lignes sur la buée de la fenêtre. Elle s'est réveillée de ce voyage si long. Les yeux endormis, elle a collé son front contre la fraîcheur de la fenêtre, le doigt songeur, la peau humide. La pluie s'accroche à la vitre et transperce l'obscurité d'un peu de lumière, ses dessins la rassurent, l'apaisent.

Devant, sa mère conduit. Elle avance dans le paysage au-delà qui est immense à s'y perdre, le vertige infini de l'horizon invitant aux rêves en rire des choses...

Pour Julie, l'extérieur est sans limite et effrayant. Il mène à l'inconnu et ses dangers. Il rappelle des heures tristes que sa mère et elles ont laissé derrière elles, elles s'en sont défaites comme d'un vêtement d'injustice, elles bondissent en avant sans savoir où se terminent leur route. Pour l'instant elles franchissent les kilomètres vers un jalon, une halte où respirer avant de repartir.

Au bout du chemin, une maison entourée de fougères. Les pierres y sont irrégulières, les fenêtres grincent avec les volets et le vent quotidien. Autour il y a quelques arbres, des champs et un fossé guidant l'eau par ici ou par là. Les pièces sont petites, la cheminée trapue abrite un feu qui crépite et réchauffe. C'est la maison de l'enfance, le père et la mère y sont encore, un peu plus fatigués, un peu plus voûtés mais débordant encore et toujours d'un inconditionnel amour pour leur fille et leur petite-fille.

Julie n'y pense pas. Elle aimerait rester là, dans cette voiture en marche, et que cet instant de l'entre deux ne cesse jamais. Elle suit les gouttes posées sur la vitre et retenant la lumière, elle reste dans la contrainte de ses traits dessinés en lignes, et s'y sent bien.

 
 
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La femme qui crie est revenue (bis repetita)

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Elle s'arque-boute dans son cri. Encore une fois, encore après tout ce temps, encore des mots qui se répètent incessamment à faire tourner la tête, des mots qu'on n'a pas envie de voir tant ils se ressemblent, et pourtant de près chaque nuance compte. Elle a beau dire elle ne change rien car pour cela il faudrait une volonté, et pourtant elle n'est pas heureuse et le revendique et en fait payer le prix. A elle. Aux autres. A elle surtout.

Elle est si belle dans son énergique inertie, il y a quelque chose d'incroyable à voir sa rage de vivre s'échouer devant son impossible autrement, ses fils invisibles la retiennent implacablement alors qu'elle se débat sans savoir face à quoi et sans réaliser que c'est contre elle.

Elle est si loin de moi et je me sens si proche d'elle… j'aurai pu être elle. Il suffit d'un choix. Un jour, dire non et se dire oui.

La femme qui crie est revenue, elle est toujours aussi silencieuse, la femme qui crie est revenue, sa colère n'a d'égale que sa souffrance, la femme qui crie est revenue, elle utilise des mots comme fucking et on s'en fou, la femme qui crie est revenue, ses mots sont ses maux qui ne guérissent pas et son âme en est malade, ses arpèges vibrent son impatience a) d'une vie, b) d'un désespoir d'autre chose, c) de l'inexistence d'un espoir, d) de la résignation de l'existence, e) du deuil d'un avenir qui lui échappe, f) all of the above, la femme qui crie est terriblement pragmatique dans son illogisme latent imprégné d'une philosophie passive. Elle s'est figée dans un passé qui ne lui convient pas et pourtant elle bouillonne, s'agite, fuie, ailleurs, il faut toujours un ailleurs, là où on respire, là où on oublie, où l'on en est, où on est, qu'on est, pour s'ouvrir la porte et enfin devenir soi.

Je l'avais oubliée.

Comme ça, sans faire exprès. Parfois on suit sa route et lorsqu'on se retourne, on réalise à quel point, la poussière du chemin, la satisfaction de ses pas, la surprise d'un oubli. Des gens qu'on a laissé sur leur île alors qu'on est parti en éclaireur. Ce n'est pas grave, en fait.

Je ne crie plus, je ne lui parle plus, j'ai oublié son langage. Mes cris sont si loin derrière moi (j'ai tellement avancé que je me suis rapprochée de moi), et pourtant je la comprends. Je reste invisible dans mon fucking silence et on s'en fou.

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Alzheimer

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Je serais ta mémoire 

Si nous avions le temps,

Les images qui s'effacent

Plus rien que le présent.


Je serais ton espoir

Si nous goûtions aux vents,

Mais déjà, plus de traces

De nos marches d'antan.


Je serai ta mémoire.

En puisant en arrière, j'inventerai demain.


Tu seras mon espoir.

Car grâce à ton besoin, j'existerai enfin.

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"La Compa" (Le Churchill)

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C'était un jeu entre eux autrefois.

Leurs points de rendez-vous étaient codés, seuls les membres du groupe pouvaient comprendre. Ils se donnaient rendez-vous "Place Pereire" et non Place de Maréchal Juin, et allaient boire un verre au "St James", autrement connu comme le James Joyce, ou encore au "Churchill", campé devant l'arc de Triomphe sous l'enseigne du Sir Winston. Seuls Le Saint-Cyr et le Parc Monceau avaient droit à leurs appellations propres. Le parc abritait des promenades confidences limitées au duo, trios ou quatuors, de préférence par temps gris ou encore le dimanche, à l'ouverture, pour éviter la cohue.

Il leur arrivait parfois de donner rendez-vous à des amis étrangers à leur groupe, qu'ils perdaient par fausse inadvertance dans Paris avec leurs lieux inexistants. Les garçons en jouaient en semant des filles trop pressantes, et les filles en riaient alors que leurs prétendants dépités n'arrivaient jamais au rendez-vous. Ils partaient à Lyon avec une carte de Paris et retrouvaient malgré tout le quartier Latin, où encore s'évadaient à Lourdes ou à vélo sur les routes de France avec un simple sac et une boussole.

Ils, c'était nous.

Nous étions nombreux et peu à la fois, plusieurs noyaux coexistant, soeurs, cousins et amis d'enfances, ceux de Chaptal, Carnot ou de St Ursule, ou encore les "expatriés" de Levallois.

Parfois, les garçons se retrouvaient autour de Top Gun et recréaient la bande son tandis que les filles préféraient fumer des cigarettes sur le toit en rêvant études et vacances. Le monde était à nous et nous le refaisions des nuits entières dans des canapés affaissés aux relents de "cervelle", Gin-Baileys-grenadine (jamais plus!), sous lesquels la télécommande s'était égarée, ou encore à trois heures du matin, assis au milieu d'une rue pavée, sous les éclairages publics et dans l'inconscience des voitures tardives.

Sympathisants de droite et de gauche se déchiraient autour de la direction des taux d'intérêt et de l'utilisation des budgets publics mais le conflit au Moyen-Orient était résolu, sauf avec un récalcitrant bien sûr et il fallu un jour convenir d'honnir le sujet. Nous lisions le Monde et le Figaro et regardions les nouvelles du vingt-heure. Nous construisions des châteaux tout en donnant du whiskey aux poissons rouges, "pour voir", nous tombions amoureux dans des overdoses de nuits blanches et de café en cherchant des citations intelligentes pour retranscrire nos émois.

Le bac approchait, les préparations et séparations à venir aussi. Certains se marièrent, certains se brouillèrent, le groupe s'est dissous avec le temps mais les noyaux sont restés, et aujourd'hui grâce à Facebook ou Foursquare, d'autres liens réapparaissent en douceur nostalgique.

En ce moment, je passe beaucoup devant le Churchill, et je savoure les chemins du Parc Monceau aussi, avec à chaque fois une pensée immense vers vous tous : à bientôt… (autour d'un drink

J )

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Parfois Sophie s'oublie (pauvre Sophie)

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Parfois Sophie s'oublie, le temps d'une soirée,

Elle retrouve l'insouciance de l'enfance, passée.

 

Elle écoute, les mots virevoltant autour d'elle,

Ces échos, si légers, d'existences essentielles.

 

Les pierres sont à leurs places dans son ancien quartier,

Les arbres sont plus grands, les femmes plus voutées.

 

Parfois, Sophie se plait à oublier les ans,

Qui ont coulés, loin d'elle, dans son aveuglement.

 

En sourire, en espiègle, elle se déjoue du vide

Et son charme, envoutant, fait oublier ses rides.

 

Chez elle, rien ne l'attend, qu'une triste amertume

Qu'elle croque sans pitié, tout au bout de sa plume.

 

Dans le reflet des verres, elle retrouve la vue.

Dans le reflet des âmes et des corps repus,

Sophie, parfois, exhale d'un cri, sans retenue.

Le tableau très discrètement visible en arrière plan est de Claire de Chavagnac Brugnon et s'intitule "Aile de Corbeau".
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The sky is on fire (don't get a hose it's beautiful)

As most people know I usually write stories here, in French or in English as inspiration goes.

Tonight I simply wanted to share a few pictures with you. Fall (or autumn as the Brits have it) is slowly spreading and it sure makes for some beautiful sights... especially with the help of a few very cool iapps. ;-)

(plus, I'm in love with cranes)

I hope you enjoy them :)

Cheers!

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